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Merci à Philippe Charbonneau – Sud-Ouest

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Merci à Aude Gaboriau – Haute Gironde

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Merci à Frédéric Lacoste – Le courrier de Gironde   

Mise au point sur… l’homme

 

À l’occasion de la traditionnelle Journée internationale des droits des femmes, l’artiste plasticienne Marie-Laure Drillet dépoussière à Blaye les idées reçues sur la femme, mais aussi, de manière plus inattendue, sur l’homme. Rencontre.

Courrier de Gironde : Quelle est votre définition du féminisme ?

Marie-Laure Drillet : Je ne me considère pas comme ultraféministe. Ma position est la suivante : On ne joue pas les femmes contre les hommes. Ou, dit autrement, si je prends la défense des femmes, ce n’est pas aux dépens des hommes. L’émancipation des femmes, c’est évidemment une très bonne chose, mais il ne faut pas que celle-ci se construise sur un rejet global, voire une diabolisation de la gent masculine.

C.G. : Exposer votre série « Tous les hommes… », c’est une façon de remettre les pendules à l’heure ?

M.-L.D. : Tout de suite après mon travail intitulé « Les Gourmandes », qui explorait le couple et le désir à travers des fantasmes faisant référence à une sensualité débridée, j’ai commencé cette série sur les hommes. Je trouvais qu’on nous rabâchait des clichés qui me paraissaient injustes, du moins par rapport à la plupart des hommes que je connais. Pourquoi toujours parler des « vilains », de ceux qui se comportent mal, sans accorder une place aux hommes responsables et respectueux ? L’image d’Épinal du patriarche installé en bout de table et qui fait la pluie et le beau temps dans sa maison, c’est fini, ou du moins, c’est devenu extrêmement rare ! L’homme censé mettre les pieds sous la table pendant que son épouse s’occupe de toutes les tâches domestiques, voilà une caricature tellement grossière de ce que je peux observer chez mes amis et dans mon proche entourage, que j’ai du mal à croire qu’il existe encore des hommes comme cela.

C.G. : Quelle est l’image du couple que vous souhaitez mettre en avant ?

M.-L.D. : Pour moi, tout est une question d’équilibre, de complémentarité. Il ne faut pas que nos différences nous séparent, nous isolent l’un et l’autre. Je crois que le couple, c’est avant tout une équipe. L’un peut aller faire la fête s’il en a envie, pendant que l’autre s’occupe des enfants. L’important est que ce ne soit pas systématique et qu’il y ait alternance, pour que les envies respectives de l’homme et de la femme puissent être satisfaites. L’effort dans le couple, non merci. On en fournit déjà assez dans le travail quotidien. Le couple doit être un espace de liberté, d’écoute et de respect. J’attache beaucoup d’importance à cette notion de liberté, car le conformisme ambiant empêche souvent d’affirmer ses désirs en toute sincérité, ce qui est dommageable.

C.G. : Votre technique a-t-elle évolué au cours de ces dernières années ?

M.-L.D. : Le principe reste le même, à savoir une technique mixte de collage d’images retravaillées à la peinture acrylique en vue d’accentuer une attitude. Mais là où auparavant, j’utilisais de vieux magazines pour y puiser ma matière, je préfère prendre aujourd’hui en photo des personnes que je connais. Ce sont eux les vrais héros de mes histoires.

C.G. : Faudrait-il une Journée de l’homme comme il y a une Journée de la femme ?

M.-L.D. : En tout cas, je pense que les hommes sont victimes d’un discours qui les montre du doigt en les mettant souvent tous dans le même panier. Dans la série exposée à Blaye, le public doit bien lire les légendes, ce sont elles qui aiguillent le regard et permettent d’éviter de faire des contresens. Parmi les clichés que je retourne, il y a la prétendue addiction des hommes au travail, leur supposée superficialité qui les ferait rechercher uniquement des femmes au physique irréprochable, ou le fait qu’ils se transformeraient en véritables « monstres » dès qu’ils sont quittés. Et je pourrais dire également qu’il y a des hommes beaucoup plus féministes que certaines femmes, et avec qui l’on peut vivre en parfaite harmonie !

Infos pratiques : Exposition visible du 2 au 15 mars au Couvent des Minimes de Blaye. Accès libre et gratuit.

Propos recueillis par Frédéric Lacoste  pour Le courrier de Gironde                                                               Photo : M.-L. Drillet

Légende photo : « Tous les hommes ne se contentent pas d’une parfaite ménagère »

Frédéric lacoste Le courrier de Gironde