MLDrillet portrait # photographes de gauriac 2019
@lesphotographesdegauriac2019

Marie-Laure Drillet analyses romantic relashionships and makes fun of many cliches. Her work is figurative as well as narrative emphasised by shimmering colors. Her thematic exhibitions (So Sweet Lies in 2010, To make love last in 2012, The Epicurians in 2015, Not all men… in 2017) show her resentment of stereotypes as much about women as about men. Her work is fiercely humoristic as well as showing amazing tenderness and unexpected friendliness.



Marie-Laure Drillet # Plasticienne

Je suis née en 1970 à Saint-Pierre et Miquelon, (Amérique du nord). J’ai quitté mon île microscopique et isolée au large de Terre-Neuve à 17 ans, avec le vague projet de faire des études artistiques mais aussi poussée par un fort besoin de voir le monde… Après un cursus à l’école des Beaux-Arts de Nantes et un “Master of Art” au CNBDI à Angoulème, j’ai été embauchée, contre toute attente, dans une entreprise à Mérignac pour créer des sites internet. Grâce à Pierre, à mes anciens chefs, à mes collègues et amis avec qui j’ai passé 3 ou 4 années palpitantes, j’ai pu appréhender le monde du travail dans les meilleures conditions possibles, un travail créatif, une bonne ambiance et un salaire qui tombe à la fin de chaque mois (ce que je ne retrouverai plus par la suite). En 2001, après un licenciement économique (très original !), je prends la décision de me consacrer à un travail artistique. Je maîtrise à peu près toutes les techniques de création et je suis à présent autonome au niveau des outils numériques (en ligne et pré-presse). Après une dizaine d’années d’études à vivre avec une bourse du “Conseil Général” (comme tous les étudiants Saint-Pierrais et Miquelonais) mes besoins sont minimes et j’ai plus envie de liberté que de revenus réguliers. La vie d’artiste ne me fait pas peur. Mon conjoint de l’époque m’encourage dans ma démarche et me convainc même de faire des enfants. Je suis certaine de vouloir rester en France. Trois grandes décisions que je ne vais jamais regretter 😉
C’est là que je commence à peindre, coller et exposer… Nous sommes en 1998. Ca commence bien puisque ma première exposition se passe à la Galerie des Beaux Arts de Bordeaux (j’ai même un prix, à l’époque j’aime bien). Au départ je n’ai pas d’intention je m’inspire de ce qui me tombe sous la main par exemple les signes astrologiques… et oui… certains s’en souviennent n’est-ce pas ? 🙂 Ce n’est pas très glorieux certes mais ce qui est bien c’est que j’ai trouvé ma technique.

je suis fan

Victor Hugo notamment “L’homme qui rit”
Virginie Despente notamment Vernon Subutex
Joe R Lansdale, presque tout

En 2000 je rencontre un jeune homme remarquable avec qui j’apprends que le couple peut être bien autre chose qu’une impasse avec un début passionnant, un milieu décevant et une fin inéluctable, pleine de tristesse et de culpabilité. Nous inventons ensemble notre couple, il m’apprend l’émancipation, la liberté, la communication, la bienveillance, la créativité (dans ce domaine), la générosité et même la parentalité ;] Je découvre avec lui que la fidélité n’est pas une valeur essentielle et qu’on peut s’aimer assez fort pour laisser à l’autre toute la liberté dont il ou elle a besoin pour s’épanouir. Ma vie est assez palpitante, j’ai des ami.e.s incroyables, dont certain.e.s que j’ai gardés depuis mon arrivée au lycée à Nantes, Je fais des rencontres toutes aussi riches les unes que les autres, au travail, pendant mes études, dehors… et je commence à vouloir mettre du sens dans ce que je produis. Deux enfants viennent “grandir” notre petite équipe, et grâce à ce papa qui tient ses promesses, à qui la charge mentale ne fait absolument pas peur, au contraire, et conjoint très conciliant, je continue de créer et d’exposer. C’est de cette époque que datent notamment mes très grands formats.
Grâce à lui ma vie devient une grande source d’inspiration.
Même si cette histoire d’amour ne dure pas j’en garde un très bon souvenir et l’amitié prend le relais. Nous élevons dans les meilleures conditions (garde alternée) nos deux enfants, lui avec une jeune femme qui aime nos enfants et avec qui il en aura deux autres, que j’aime moi aussi comme les miens.
Je prends mon courage à deux mains et j’entame une petite thérapie très enrichissante.
Ma semaine de “liberté”, grâce à un planning bien programmé longtemps à l’avance, me permet de travailler, d’exposer, de partir,  et.. de vivre ma vie. Une semaine je n’ai d’autre ambition que de faire de la purée de légume quant à l’autre (…) !

En 2010 je suis prête à rencontrer… Samuel, et je me mets à réfléchir sérieusement sur les relations amoureuses.

L’idée de faire durer la relation amoureuse n’est pas ma principale préoccupation. Pour moi la séparation n’est pas la fin du monde, je sais depuis toute jeune, qu’on se remet des pires chagrins, et que les gens à qui on fait de la peine, par chance, survivent eux aussi. Ce sujet m’inspire et je vais passer les années qui suivent à m’interroger sur le thème des relations amoureuses mais aussi sur ce que c’est qu’être une femme, quelle femme être plutôt… un homme, quel homme.

En 2012 naît ma première vraie série :

«Faire durer l’amour…», et non pas “le couple”; je parle d’Amour dans ces nombreuses propositions. Comment faire le tour de cette question en 35 tableaux ?  Ce serait bien présomptueux de dire qu’il s’agit là d’une notice… Je rejette l’idée du couple qui ne fait qu”un” fusionnel, comme la mythologie, certains romans ou séries veulent nous le faire croire. Les philosophes ne sont pas d’accord là dessus. L’amour c’est jouir et se réjouir de l’autre, se régaler de la nourriture qui ne manque pas. Bizarrement ceux qui m’intéressent n’ont connu que des amours heureuses. Comme le dit Virginie Despente dans Vernon Subutex, c’est bon, les relations amoureuses avec des petits bouts de merde dedans non merci. ,:)   (je vais retrouver le texte exact).

De ma façon préférée d’aimer découle une autre série «Les Gourmandes». Erotique, mais pas que… Balayant les préjugés sur la sexualité féminine. On les dit audacieuses, je les trouve juste joyeuses. J’imagine que ces femmes et ceux qui les accompagnent dans ces jeux tendres et érotiques, se correspondent ou du moins se le rendent bien, au vu de l’harmonie et de la gaieté qui règnent dans ces saynètes. L’idée de cette série est de montrer que ce ne sont pas toujours les femmes qui ont la migraine, que certains hommes et femmes n’ont d’autre ambition dans la vie que de donner du plaisir à leur partenaire et les rendre heureux.

Dans la série «Tous les hommes…» j’ai voulu rendre hommage à ces gars à qui j’ai eu ou ai encore à faire, qui tracent leur chemin loin des rails qu’on leur impose et des injonctions de la société, qui n’ont pas de problème avec la gestion de leur “virilité”, qui savent qui ils sont, ce qu’ils veulent et ce qui est bon peur eux… mais pas aux dépens des autres. Je pense que nous avons tous tout à gagner dans l’égalité des sexes, y compris les hommes, contrairement à l’idée répandue selon laquelle ils auraient beaucoup à perdre. Je suis bien obligée de reconnaître que les hommes dont je parle dans cette série ne sont pas la majorité. Mais comment changer le monde si on ne parle que de ceux qui font de la m… ? Je suis à fond derrière tous les mouvements de dénonciation des violences : Tu te lèves et tu te casses… Me too… Balance ton porc…
Mon expérience personnelle est différente. Je ne compte pas les fois je me suis levée et ou je suis partie en plein milieu de l’action parce que j’avais dessaoulé et/ou plus envie tout à coup; Pas une fois on m’a tiré par le poignet pour me forcer à finir ce que j’avais commencé.
Tous les tableaux de cette série sont inspirés de faits réels.
Et je ne peux pas croire qu’il n’en existent pas d’autres des hommes comme ceux que j’ai croisé ?
J’espère en tous cas qu’elle donnera à réfléchir aux autres.

«Je t’avais bien dit…?!» est une série un peu spéciale qui s’adresse à mes amis de Saint-Pierre et Miquelon et qui seuls peuvent prendre la mesure des messages et clins d’oeil aux situations liées à cette insularité si singulière. Elle est quand même assez éloquente et certains font bien partie de ma démarche de lutte contre les clichés sur les hommes et sur les femmes.

Dans les “Confidences de confiné.e.s“, j’ai essayé pour la première fois de coller à une actualité inédite, en temps réel, ce qui n’est pas facile, je m’en suis rendue compte, mais j’étais confinée avec un homme qui non seulement m’inspire vu qu’il est l’un des vrais héros de toutes ces belles histoires… mais qui m’encourage au quotidien et sans son aide je n’aurais jamais pu relever ce défi.

«Les déconfiné.e.s» Ce n’est que le début, il n’y en pas beaucoup de publiés mais il y en a en cours de création que vous découvrirez bientôt… Il s’agit là de montrer à quel point ce confinement nous a bouleversé dans nos certitudes et toutes les interrogations qui en ont découlé sur nos modes de vie, notre place dans le monde, nos habitudes…

Expositions importantes


« Confidences de confiné.e.s » du 18 septembre au 24 octobre 2020, Espace Culturel Maurice Druon, Coutras (33)

« Je t’avais bien dit… ?! » du 15 février au 24 mars 2019, L’Arche, Musée et Archives, Saint-Pierre et Miquelon (975)

« 2000|2018 » du 22 mars au 12 mai 2018, Les carmes de Langon (Retrospective)

« Tous les hommes » du 28 février au 18 mars 2017, Bibliothèque Flora Tristan, Bordeaux (33)

« Contes et légendes » Août 2016, Château Robillard, Saint-André de Cubzac (33)

« Les Gourmandes » du 12 mai au 12 juin 2015, Théâtre le Liburnia, Libourne (33)

« Ma Famille extraordinaire » du 5 au 26 juin 2014, Bibliothèque du Grand Parc, Bordeaux (33)

« Deux elles, 1 île » du 4 au 29 novembre 2013, La Madeleine, en compagnie de Raphaële Goineau, Paris

« Faire durer l’amour… » du 6 au 16 mars 2012, Le Marché de Lerme, Bordeaux (33)

« Si Doux Mensonges » du 11 décembre 2008 au 31 janvier 2009

 

Je ne mets ici que les expositions ou une nouvelle série a été présentée pour la 1ère fois à part Langon et Paris.
Mes toiles étaient souvent exposées, avant… C’est un peu ralenti en ce moment, c’est le moins qu’on puisse dire mais c’est bien aussi 🙂 En ce moment vous pouvez quand même voir les “Confidences de confiné.e.s” aux petites pépites à Saint André !

 

Je suis là parfois pour commenter mon travail.

 

Si en vous baladant sur ce site (publié le 1er mai 2020) vous tombez sur un tableau qui vous interroge, n’hésitez pas à m’envoyer un petit message, je me ferai un plaisir de vous éclairer, normalement j’ai réponse à tout… car il y a, vous l’aurez compris, une intention, derrière chaque proposition.

Si mon travail vous plaît, la technique est assez simple. En participant à l’un de mes ateliers vous pouvez acquérir les bases et créer vous aussi, même si vous estimez n’avoir aucune compétence pour cela… (J’insiste sur ce point).